Flux
Articles
Commentaires

Il y a quelques mois je mettais sur ce site un texte publié dans le journal de la ville de Romilly (Romilly en Action), concernant l’armement des policiers municipaux (lire l’article ici).

Un commentateur m’interpella par cette question : “la future municipalité de gauche aura t’elle le courage de dissoudre ce service inutile et coûteux ?” Alors que viennent de tomber les derniers chiffres sur l’insécurité, je me suis penché sur la question. En voici mon analyse.

 

I.   La police en chiffres.

Tout d’abord, il me semble opportun de donner quelques chiffres sur la police municipale romillonne, créée en 2008. Ces chiffres proviennent des Comptes Administratifs de la ville 2008, 2009 et 2010, ainsi que du Budget Primitif 2011.

1) Effectifs.

La police municipale comptait en 2010, 8 policiers, aucun changement n’était prévu pour 2011. 19 postes au total sont inscrits dans les budgets. En clair, la police municipale pourrait compter 19 policiers, mais il n’y en a que 8.

2) Coûts.

Les coûts liés à la police municipale se retrouvent dans le tableau suivant, je ne sais pas s’ils intègrent les coûts de la vidéo-protection :

Année

Fonctionnement

Investissement

Recettes

Dépenses

Recettes

Dépenses

2008

0,00 €

-30 830,95 €

0,00 €

-42 511,95 €

2009

488,34 €

-270 500,27 €

0,00 €

-112 891,67 €

2010

33 403,11 €

-373 446,77 €

1 150,00 €

-31 017,04 €

2011

(prévisions)

28 000,00 €

-391 771,00 €

0,00 €

0,00 €

TOTAL

61 891,45 €

-1 066 548,99 €

1 150,00 €

-186 420,66 €

TOTAL

-1 189 928,20 €

 A la lecture des comptes administratifs, je constate que la police municipale a coûté au total depuis 2008, près de 1 190 000€. En matière de dépenses de fonctionnement, le coût est essentiellement dû aux salaires des policiers.

 

II.   La Police en acte.

Maintenant que le coût de cet outil est posé, il reste à savoir à quoi il sert car on peut engendrer de grandes dépenses si elles apportent un intérêt certain. Je me suis donc interrogé pour savoir à quoi doit servir la police municipale.

1) Décrets et lois.

D’après les textes de lois (lien vers l’article L.2212-2 du code général des collectivités territoriales), la police municipale contribue à assurer le « pouvoir de police du maire », c’est-à-dire les fonctions de police dont est responsable l’élu. Elle a « pour objet d’assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques ». Nous retrouvons notamment (plus de détails sur l’article de loi) :

­          « La sureté et la commodité du passage dans les […] voies publiques », c’est-à-dire le nettoyage, l’éclairage, la répression de dépôts d’objets encombrants…

­          « Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique », c’est-à-dire les rixes, le tapage nocturne, les attroupements…

­          « Le maintien du bon ordre dans les endroits où il se fait de grands rassemblements d’hommes », spectacles, foires, cérémonies…

A cela peuvent s’ajouter des réglementations de circulation et/ou de stationnement (les zones bleues par exemple).

2) Avis personnel.

J’ai deux choses à dire sur les attributs de la police municipale.

La première est que j’ai l’impression qu’elle remplace un peu trop souvent dans ses fonctions la police nationale, qui a été supprimée en grande pompe en 2002 par le ministre de l’intérieur de l’époque, un certain Nicolas Sarkozy, dont le gouvernement actuel se targue, à tort, de réussite en matière de délinquance.

En effet, lors du débat sur l’armement de la police en conseil municipal, le maire adjoint à la sécurité, Jacques Beaujean, évoquait le fait que les policiers communaux intervenaient parfois avant la gendarmerie nationale. Pour moi, l’état a demandé aux communes de se substituer à son rôle de maintien de la sécurité.

En deuxième remarque, je parlerai de taille de commune. Il est vrai que pour certaines grandes villes la présence d’une police municipale, chargée de l’ordre sur le territoire communal est nécessaire. Maintenant est de savoir quel est le plancher attribué.

Je pense qu’une police municipale peut se justifier à Romilly. N’oublions pas que la commune est traversée par de grands axes routiers (la RD 619, les départementales qui vont vers la Marne, ou celles qui vont vers le sud…) et qui nécessite un respect de la circulation. De même, la ville compte de nombreux établissements scolaires qui nécessitent une totale sécurité à leurs abords. Il suffit de circuler autours des deux lycées à 17h ou à 18h pour se rendre compte de la nécessité de réguler la circulation.

Une chose est sure pour moi, une police municipale doit se cantonner à son rôle défini par la loi, et ne doit pas se substituer à une autre force de l’ordre.

 

III.   Suppression ou non?

Après cette analyse, je me dois de répondre à la question posée en début d’article.

Je dois tout d’abord répondre que la décision prise le sera collectivement entre les membres de la future liste de Gauche pour les municipales de 2014. Je ne peux donc que donner mon avis personnel.

Devrons-nous supprimer la police municipale ?

Comme nous avons pu le voir, celle-ci est très coûteuse pour les Romillons, l’argent dépensé pourrait être mis ailleurs (la piscine par exemple).

La supprimer signifierait également supprimer 8 emplois. Un politicien de Gauche s’interroge forcément lorsqu’il s’agit de supprimer des emplois. C’est la même interrogation qui me fait voter les promotions des policiers, lorsque ces questions se posent en conseil municipal ; alors que l’opposition avait voté contre l’instauration de la police municipale.

Enfin je rappellerai que ce n’est pas la même chose que supprimer quelque chose que refuser de le créer.

Un lecteur pourrait penser que je fais une réponse de Normand, ptêt ben qu’il faut la supprimer, ptêt ben que non. Mais à l’heure actuelle et en l’absence de preuve de son efficacité (puisque nous n’avons pas encore eu de rapport officiel sur l’activité de cette police) je crois que c’est un équipement inutile. Mais cela devrait faire un débat avec la population romillonne.

Un débat s'impose sur la police municipale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme habituellement après une nuit de travail, je m’installais ce matin dans mon fauteuil pour y dévorer la presse locale, tout en sirotant un café bien chaud. Pour une fois, les nouvelles, loin de dresser un portrait pessimiste de la société actuelle, m’ont permis quelques éclats de rire. Tout ceci grâce à l’article consacré au bilan de la vidéosurveillance, dressé par le maire adjoint à la sécurité, Jacques Beaujean.

Faisons ensemble une rapide relecture.

Tout d’abord, affiché en titre, la vidéo protection (oui ! ce n’est plus vidéosurveillance ! Le lexique est si important.) a « un réel effet dissuasif ». Fier de son explication, l’adjoint clame que l’effet de la vidéo protection sur la délinquance est « […] difficilement quantifiable mais il y a un réel effet dissuasif ». Il faut que quelqu’un m’explique comment peut-on trouver à la vidéo un effet réel, donc concret, donc définissable tout en étant non quantifiable, donc non mesurable, donc indéfinissable. C’est digne des blagues carambar !

Deuxième affirmation de l’adjoint à la sécurité, c’est que « l’effet [sur] les incivilités est plus visibles ». Il donne pour preuve qu’ « on recense moins de dégradations autour du parking de la place des Martyrs ». Certes nous pouvons nous en féliciter, mais la baisse des dégradations n’a rien à voir avec le fait qu’il y ait moins de voitures dans ce secteur, à cause des zones bleues ! En effet, si les objets de vandalismes sont moins nombreux, il parait normal que leurs dégradations soient elles aussi moins nombreuses.

Le clou de ce premier paragraphe est le passage où M. Beaujean explique que les « personnes mal intentionnées vont commettre leurs méfaits ailleurs ». C’est précisément un des arguments que j’avais utilisé lors des débats sur l’installation de la vidéosurveillance. En effet, m’appuyant sur les résultats de la ville de Londres, ville européenne à la pointe de la vidéosurveillance, j’avais déclaré que la vidéo ne réduisait pas la criminalité, elle ne faisait que la déplacer. Argument balayé d’un revers de main à l’époque par la majorité. Preuve en est, que 2012 est bien l’année du changement, vu que la majorité reprend les déclarations de l’opposition. Mais la solution à ce problème est toute trouvée, on va installer de nouvelles caméras. Youpi !

Il reste encore quelques points drôles, et cela concerne le coût ! Le maire adjoint annonce le chiffre de 400 000€, ramené à 110 000€ pour la ville, une fois déduites les subventions accordées par l’Etat. Or si mes souvenirs sont bons, et je n’ai malheureusement pas le temps de vérifier dans mes documents ; il me semble que le coût estimé de cet investissement était de 550 000€, pour des subventions d’environ 360 000€. Comme cela reste flou, je ne vais pas contredire notre ex-gendarme. Non.

Le plus comique se base sur l’entretien de ce matériel, qui pour l’heure ne pose aucun problème vu que « la garantie fonctionne ». Cela veut donc dire, que la ville sait que la garantie fonctionne. Autrement dit qu’elle a eu recours à cette fameuse garantie ? Et que donc ce matériel qui date de moins d’un an a déjà eu quelques soucis logistiques ? Avouons que cela est très comique, non ?

Peut-être est-ce mon esprit fatigué après plus de douze heures de travail qui a rendu cet article si comique ? Mais une chose est sure, c’est que cet investissement n’a pas été un bon investissement, comme se plait à le rappeler le maire, car il entraine un coût d’entretien élevé sur le long terme (chiffres de Scotland Yard, of course) pour un résultat plus que mitigé.

Voeux du maire 2012

Comme tous les ans au mois de janvier s’égrainent les traditionnelles cérémonies de vœux. Ce 6 janvier, c’était le maire et la communauté de communes qui présentaient les leurs aux forces vives de la ville de Romilly.

Tout d’abord, cette cérémonie se déroulait en présence du ministre-maire de Troyes, François Baroin, qui a honoré de sa présence les convives pendant moins d’une heure, le temps de faire quelques photos et d’écouter Guy Allart, président de la communauté de communes. De souvenir, ce devait être la première fois que je voyais François Baroin à cette cérémonie des vœux. Bien sur, l’approche des élections législatives en juin prochain n’a aucun rapport avec sa présence à Romilly entre deux rendez-vous ministériels.

Ensuite, le contenu des discours était tout bonnement classique. Guy Allart a remercié le conseil communautaire et ses actions en 2011, le développement de la zone de la Belle Idée, la création de la médiathèque, le programme d’amélioration de l’habitat… Au passage il n’a pas hésité à épingler les défenseurs du cinéma Eden qui, selon un discours classique et habituel, n’ont pas à cœur l’intérêt général.

Le maire Eric Vuillemin a pris à son tour la parole ressortant le discours classique d’énumération des réalisations de l’année 2011, les répartissant par zones géographiques (Nord, Sud, Est, Ouest…) et se perdant un peu en route, au vue du discours, que j’ai trouvé un tantinet longuet.

Franchement après avoir entendu le maire, je pense que Romilly doit être une ville miraculée, car la crise l’a épargnée. De plus avec tous les emplois qui ont été créés grâce aux actions du maire, je ne comprends pas pourquoi les chiffres du chômage sont si élevés dans notre bassin de vie.

En plus de dresser le bilan de 2011, le maire et le président de la Comcom ont dessiné les grandes lignes pour 2012, dont le projet principal sera celui du « centre nautique », comme l’a nommé Eric Vuillemin. Son cofinancement entre la ville de Romilly et la Communauté de Communes nécessitait, dixit le maire, des sacrifices, sous entendu la fermeture de l’aérodrome pour y installer de nouvelles enseignes qui apporteront les finances au projet.

Voilà en quelques lignes ce que j’ai retenu de la cérémonie des vœux 2012.

Voeux 2012

En me repenchant sur l’année 2011 qui s’achève à peine, j’en ai retenu trois points :

-          Tout d’abord, une crise financière qui dure et perdure et dont les conséquences économiques et sociales se font durement sentir ; avec un gouvernement qui est incapable d’y apporter de vrais solutions.

-          Ensuite, une remise en question de notre monde : le printemps arabe qui a secoué le moyen orient, la fragilité de l’énergie nucléaire (Fukushima et Greenpeace à Nogent-sur-Seine), une Europe néolibérale fragilisée et incapable de s’entendre… signes annonciateurs de changement en 2012.

-          Enfin, le bel élan démocratique qu’ont su donner le PS et le PRG avec les Primaires citoyennes, critiquées largement par le parti majoritaire, signe de la réussite de cet évènement qui a désigné François Hollande comme candidat à la présidentielle.

Ce bilan établi, il me reste à vous présenter mes meilleurs vœux pour 2012, joie, santé, bonheur et réussite. Que 2012 soit une année de changement et d’espoir pour tous. Un de mes souhaits pour cette année est que la sirène Marine et son front envoûte le minimum de personne.

En raison d’un petit souci de santé (un mauvais rhume), je n’ai pu assister au conseil.

Je vous propose d’en voir un résumé fait par Romiscope.

Le PS de l’Aube a choisi ses candidats pour le représenter aux prochaines élections législatives de juin 2012.

Sur la 1ère circonscription (Méry-sur-Seine, Arcis-sur-Aube, Brienne, Bar-sur-Aube…) un partenaire du PS sera chargé de défendre les valeurs de la Gauche. A l’heure actuelle, les négociations sont en cours pour déterminer qui du PRG ou d’Europe-Ecologie-Les Verts sera le candidat.

Sur la 2ème circonscription (Bar-sur-Seine, Aix-en-Othe, Bouilly…), ce sera le ticket Yves Fournier titulaire (vice-président de la région en charge de l’Aménagement du territoire) et Djamila Haddad suppléante (conseillère régionale) qui tenteront de prendre la circonscription au député Matthis.

Sur la 3ème circonscription (Romilly, Nogent, La Chapelle…), les socialistes ont désigné Lorette Joly titulaire (vice-présidente de la région en charge des Lycées et de l’Apprentissage) et Pierre Dichamp suppléant, auront la charge d’affronter le ministre-maire François Baroin.

Olivier Girardin, maire de La Chapelle Saint-Luc et candidat en 2007, a fait le choix de ne pas se présenter respectant la règle du non-cumul de mandat. Un choix honorable et honoré ! En effet, il souhaite se concentrer sur la gestion de la ville où il a été élu en 2008. Ce choix est pour moi le symbole d’un politicien moderne, respectueux de ses électeurs et cohérent dans sa politique. Le ticket désigné par les militants socialistes l’est tout autant, alliant modernité, diversité et compétence.

Lorette Joly, candidate socialiste sur la 3ème circonscription

Modernité, car il joue le jeu de la parité, en mettant en avant une femme de qualité qui a montré ses capacités au sein du conseil régional.

Diversité territoriale, car il regroupe autour d’un même combat une représentante de l’agglomération troyenne, et un représentant du reste de la circonscription (en l’occurrence Romilly-sur-Seine). En effet, Pierre Dichamp, ancien adjoint à Romilly, est impliqué dans la vie politique locale et associative de la circonscription.

Compétence, car les deux représentants exercent ou ont longtemps exercé des responsabilités électives. Lorette à la Région, et Pierre à la mairie de Romilly.

Pierre Dichamp, suppléant pour les Législatives 2012

Le futur centre nautique de la ville?

Le jeu de mot était facile mais il traduit bien le sentiment que j’ai eu suite à la lecture jeudi 1er décembre dernier, de l’article consacré au futur « centre aquatique » (article ici). Après de longues semaines d’attente, le maire Eric Vuillemin et le président de la Communauté de Communes, Guy Allart, ont enfin évoqué le dossier de la future piscine.

A y regarder de plus près, ça ressemblait plus à un plan com dans un dossier en perte de vitesse, qu’à une réelle information. Il suffit de dresser la liste des « info » données dans l’article pour s’en apercevoir.

Premièrement le financement du projet. La ville assumera la majeure partie des 8 millions € que devrait coûter le projet. Elle sera aidée à hauteur de 1,5 millions par la communauté de Communes. Autrement dit c’est Romilly et alentours qui assumeront seuls le volet financier. Pas grand-chose de neuf ! En effet, depuis longtemps, nous savions que Vuillemin et Allart avaient échoué dans leur tentative de regrouper le maximum de collectivités locales pour le financement d’un tel projet.

Deuxièmement le projet en lui-même. Revu à la baisse (et c’est un euphémisme !), le projet présenté est bien loin du grand centre nautique avec plage extérieure et sauna que prévoyait la municipalité… Pire, il est même plus restreint que l’ancien site, déjà trop petit pour accueillir tout le monde. En résumé, après avoir fermé la piscine pour raison de sécurité (piscine qui ne s’est toujours pas écroulée, d’ailleurs) et après avoir tenté d’imposer son propre projet démesuré, le maire se résout à construire une piscine a minima, « adaptée au bassin de Romilly ». Pour le multiplexe, il compte sur une zone de population d’environ 80 000 habitants mais de seulement 20 000 pour la piscine. Lui et sa majorité adaptent le rayonnement de notre ville selon les projets qu’ils veulent faire passer. De même rien sur le lieu ni la gestion de cet équipement.

Les comptes de la ville?

Que penser du projet présenté ? Soit le maire est devenu raisonnable dans ses projets et ça laisse une petite chance pour le cinéma Eden ; soit après avoir plombé les finances de la ville par des investissements inutiles (vidéosurveillance, police municipale…), il a enfin pris conscience des réalités qui s’imposent à notre ville. J’opte pour la deuxième solution mais ce n’est qu’un avis personnel. Il me reste plus qu’à espérer que le prochain conseil municipal (le 10 décembre prochain) apportera plus de réponses sur un dossier attendu par toute la population romillonne.

 

Les 35h et l’hôpital

Le 23 novembre dernier, le Parisien publiait dans ses pages, un article concernant les heures supplémentaires à l’hôpital, avec le titre choc «  la bombe à retardement des RTT à l’hôpital ». En lien avec mon milieu professionnel je m’y suis tout naturellement intéressé.

Cet article faisait écho aux négociations (les troisièmes depuis septembre) entre syndicats et gouvernement au sujet du cumul sur les CET (Compte Epargne-Temps) par les praticiens hospitaliers de près de « 2 millions de jours de RTT ». Le problème réside dans le fait que la loi de 2002 sur les 35 heures à l’hôpital public stipule que fin 2011 (moins d’un mois) les CET doivent être vidés « sous peine de perte des RTT ». A cela s’ajoute les RTT dus aux autres personnels hospitaliers (infirmiers, cadres, aides-soignants…)

Comment les vider ?

  • Prendre des jours de congés.

Les syndicats précisent que face à « la pénurie de personnels […] trop grande », les praticiens ne pourront pas prendre leurs jours de repos en 2012.

  • Payer les heures sup.

L’autre solution qui se présente à eux est le paiement de ces heures sup, « l’addition atteindrait entre 600 et 700 million d’euros, auxquels il faut ajouter plusieurs centaines de millions d’euros pour les [autres] personnels », cite le quotidien. Solution inenvisageable du fait des politiques de rigueur menées par le gouvernement actuel. Le ministère de la santé conseille « à chaque hôpital de trouver les réponses financières », et donc au final ce sera à l’assurance maladie, déjà déficitaire, de payer la note.

  • Une troisième voie.

L’AFP, dans un communiqué, évoque une troisième solution : « transformer les CET en compte épargne-retraite permettant aux médecins de partir avant 67 ans ». Proposition qui ne satisfait pas le gouvernement, du fait de l’âge déjà élevé des médecins et de futurs départs massifs à la retraite.

Suite à cette lecture, je me suis posé la question de savoir, comment en est-on arrivé à cette situation ?

Je pourrais comme la droite et le gouvernement mettre cette situation sur le dos des 35 heures. D’ailleurs, il est intéressant de noter que cette info sur les RTT à l’hôpital, est sortie en même temps que la convention du parti majoritaire (UMP) sur le travail, où chaque responsable umpiste allait de sa petite phrase contre les 35 heures.

Tout d’abord, constatons que l’hôpital public fonctionne 24h/24 ; le temps des médecins et autres professionnels de santé passé auprès des malades est donc important. Ce temps est, ensuite, multiplié par le manque croissant de personnel à l’hôpital. Il faut bien assurer une continuité des soins !

Alors oui ! Je concède que l’application des 35h dans l’hôpital public, instauré (janvier 2002) à la fin de la mandature Jospin  a participé au phénomène. Seulement, je rappelle que depuis 10 ans, c’est la droite qui gouverne ce pays. Et que jamais, elle n’a cherché une solution à ce problème. Il y a bien eu en 2008, le paiement d’une partie de ces heures sup. Mais nous voyons bien que cela n’était pas suffisant.

Les gouvernements successifs n’ont cessé de favoriser les heures supplémentaires. En 2003, le ministre Fillon, dans le gouvernement Raffarin, à augmenter le contingent des heures supplémentaires (le nombre d’heures supplémentaires que peut faire réaliser un employeur)  passant de 180 à 220h.

En 2007, le gouvernement Fillon, encore lui, a incité les heures supplémentaires en les défiscalisant.

Je veux bien qu’on accuse la gauche de tous les mots, mais à un moment, il faut savoir faire la part des choses. Et je n’ai pas fini !

Les gouvernements Fillon (toujours le même) dans leur budget, ont incité au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Donc, un service ouvert 24h/24 et donc une continuité des soins obligatoire, ajouté à du personnel en moins, cela donne forcément des heures sup en cascade. Ce n’est pas pour rien, qu’en moins d’un an d’exercice du métier d’infirmier, j’ai cumulé près de 236h sup.

De plus la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé et Territoire), de la grande Roselyne Bachelot, stipule que les hôpitaux doivent être budgétairement à l’équilibre. Or dans les petits hôpitaux locaux, les directions ont du faire le choix de privilégier, et je les en remercie, les soins apportés aux patients, plutôt que d’approvisionner les CET.

Alors entendre que les « 35h », cette fameuse décision responsable de tous les maux de la France, sont les grandes responsables de ce fiasco, me fait bien rire ! La droite par ses décisions et son obnubilation à casser le processus des 35h, en est tout autant responsable, si ce n’est plus.

Après une pause, pour cause de vacances, je reprends la publication d’articles sur le site. Et je commence par le texte que j’ai soumis à la ville pour le prochain “journal d’information” Romilly en Action.

Le 19 septembre dernier, lors d’un conseil municipal, le maire et sa majorité ont voté l’armement en 4ème catégorie (revolver par exemple) de la police municipale. Une nouvelle étape dans la politique sécuritaire du maire après celle de la vidéo-protection.

Lors des débats, l’adjoint à la sécurité a justifié ce choix par le fait que les policiers municipaux étaient, pendant leurs missions, de plus en plus souvent confrontés à la violence et démunis face à elle. Mais le problème, selon moi, est que les policiers municipaux se substituent trop souvent, dans leurs interventions, aux policiers nationaux. Ceci a été accentué par la réforme de redéploiement de la gendarmerie et de la police nationale, menée en 2002 par le ministre de l’époque, Sarkozy.

Si la police municipale se contentait de mener des actions “municipales” (sécurité routière, circulation, stationnement…), elle n’aurait pas besoin d’être armée.

De plus armée, une force de sécurité, est le meilleur moyen pour une escalade de la violence. Personne n’a donc entendu parler de la course à l’armement ? En parallèle, même si je connais le professionnalisme des policiers, n’est-ce pas la porte ouverte à un risque de bavure ?

C’est pour toutes ces raisons que j’ai voté contre ce projet. Et que le PS de Romilly est contre cette décision.

Le 3 novembre dernier, la communauté de communes des Portes de Romilly et son président, Guy Allart, avaient invité les élus du secteur ainsi que les commerçants de la ville à une réunion de « présentation du futur pôle ludique du parc de l’aérodrome ». Pôle sur lequel doit être construit un cinéma multiplexe de 6 salles, qui condamnera le cinéma associatif de la ville L’Eden. C’est à ce titre qu’environ 120 personnes se sont rendues sur le lieu de la réunion pour manifester bruyamment leur soutien au cinéma local. (résumé sur le site de Romi Scope).

En tant qu’élu d’opposition à la ville de Romilly, je me suis rendu à cette soirée. L’impression générale que j’en ai retenu se résume ainsi : « bienvenue dans un monde où prime l’intérêt économique ».

La soirée se déroula en trois exposés : le premier fut celui de Guy Allart qui se déroula dans un vacarme assourdissant, grâce aux manifestants qui rappelaient leur présence en tapant sur les carreaux de l’édifice. Vacarme qui réussit à couvrir les quelques noms d’oiseau qui volaient ici ou là à leur encontre. Le président de la Comcom débuta par des excuses envers ses invités pour le comportement intolérant et intolérable de personnes « qui ne respectent pas la démocratie ». Là, il n’a pas tort : exprimer son mécontentement contre un projet auquel on n’est pas convié pour discuter c’est intolérable et non démocratique. Et puis ce n’est pas comme si la liberté d’expression avait cours en démocratie, ça se saurait !

Bref ! J’ai retenu deux choses du discours : premièrement la Comcom était né au départ pour uniquement soutenir l’aménagement de l’aérodrome ; secondement si elle ne faisait pas le pôle ludique (et les rentrées d’argent qui accompagnent) elle n’aiderait pas la ville de Romilly pour la future piscine. (Tiens du chantage, j’ai déjà entendu ça pour la fermeture de l’aérodrome. On attend toujours la grande entreprise qui doit s’y installer). Le discours fini, l’assemblée a été conviée à se rendre à l’étage supérieur empêchant ainsi les manifestants à s’exprimer. C’était sans compter l’escalier qui permettait de venir frapper contre l’issue de secours. Mais que faisait notre chère, très chère police municipale ?

La soirée se poursuivit par la présentation d’une étude d’impact économique du projet par le cabinet Quadrivium. Son représentant M Aymes a tout d’abord dressé le constat actuel : un centre-ville moribond et une fuite des achats vers Troyes et/ou Provins. Ensuite, il nous exposa l’impact du cinéma Eden. En premier lieu, il n’est pas en centre-ville vu qu’il en est séparé par la voie ferrée, puis il est à 400m du premier commerce. La conclusion est évidemment qu’il n’a aucun impact sur le commerce (à part les 3 ou 4 restaurants du coin).

Pour finir, M Aymes fit une rapide comparaison entre un multiplexe et le cinéma actuel. Tout d’abord la zone d’achalandage actuellement de 60 000 habitants passera à 80 000 avec un multiplexe de 6 salles. Un gain de 20 000 clients pour le commerce du centre-ville. Bien sur ces nouveaux clients n’iront jamais sur la zone commerciale qui sera voisine du futur centre cinématographique. Jamais, c’est évident ! Sur le schéma de cette zone, il est amusant de noter qu’elle englobe les cinémas de Nogent et Sézanne.

Après une démonstration, chiffres officiels à l’appui, il conclut qu’il était impossible de garder et L’Eden et le multiplexe. Ben tiens, quelle surprise !

Ce fut ensuite au tour du promoteur du projet, M Reverchon de faire son exposé : il nous présenta son entreprise, dont « la philosophie est de faire des loisirs autrement ». Ça c’est sur ! Des loisirs basés sur la rentabilité !

Ensuite, il nous présenta le projet en lui-même, qui se découpe en deux zones. La première comprendra un hôtel (rien n’a été dit sur l’avenir de l’hôtel des Granges situé à proximité), et la demi-surprise de la soirée : le Mc Donald. Mais que tout le monde se rassure, il y aura à l’emplacement actuel du Mc Do, des restaurants franchisés spécialisés dans la sandwicherie, la pizza, et les pâtes. (Tiens, mais au fait, il n’y a pas déjà une franchise de pizza sur le centre commercial des Marais ? Là encore, rien sur le sujet).

La zone 2 sera à proprement parler, la zone de loisirs : un laser game, un bowling, un espace jeu couvert pour les enfants, un terrain de soccer, une salle de sport, et bien sur le multiplexe.

Enfin, il conclut par exposer tout ce que ce pôle ludique pourra apporter aux commerces du centre-ville : partenariat sur des journées, organisation conjointe de tournois, sponsoring… le paradis en somme.

La soirée s’acheva par un débat avec la salle. Pour résumer, voilà ce qui a été dit. Guy Allart a tenu à rappeler que tous étaient attachés au cinéma Eden, patrimoine de la ville ; mais que ceux qui oseraient tenter quoi que ce soit contre le projet du pôle ludique, étaient contre l’emploi (100 devraient être créés) et le développement économique. Encore une fois il a raison, moi qui suis contre le projet du multiplexe et pas du pôle ludique, je suis évidemment contre l’emploi. Je ne souhaite qu’une chose c’est que tous les chômeurs le restent. Heureusement qu’il est là pour me le rappeler!

Il a été dit aussi que les opposants au projet ne faisaient que politiser le sujet, et qu’eux servaient l’intérêt général, propos appuyés par les maires de Maizières et Gélannes. C’est vrai un maire ne fait jamais de politique ! Et que bien sur ces mêmes opposants étaient archaïques. Il est vrai que le modèle économique présenté ce soir-là, modèle responsable de la crise actuelle parait tellement moderne !

Il y a eu quelques échanges vifs entre Joë Triché et M Reverchon sur le développement passé du projet. Le promoteur, également de son propre aveu, actionnaire des chaines de restaurants qu’il compte implanter, a précisé que sans multiplexe le pôle ludique ne se ferait pas.

Enfin quelques commerçants ont exprimé leurs craintes de voir une activité du centre-ville disparaître, craintes écartées par la première adjointe de la ville qui a précisé que L’Eden restera un haut lieu de la vie culturelle romillonne.

A la sortie de la soirée, les manifestants restés jusqu’à l’heure tardive avait formé une haie d’honneur brandissant pancartes « non à la fermeture du cinéma Eden », et essuyant de nouveau quelques noms d’oiseau. David Faria, conseiller municipal de Romilly a même bousculé une manifestante faisant voler lunettes et accessoires. Comportement intolérant et intolérable de la part d’un élu de la république.

Articles Précédents »

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.